[ La liste complète des interventions ]

Texte d'ouverture du livret du colloque

À l’automne 2010, le CREDO (Centre de Recherche et de Documentation sur l’Océanie, UMR 7308) et IMASIE (Réseau Asie, UPS 2999) s’associent dans le but de mettre en relation et de rendre visibles les recherches francophones entreprises dans ou sur le Pacifique. Les Sciences Humaines et Sociales sont tout particulièrement concernées mais aussi les autres disciplines lorsqu’elles touchent directement ou indirectement à des problématiques sociales, culturelles et humaines.

Le colloque de 2010

Les deux laboratoires projettent alors d’engager trois actions. La première est d’organiser un colloque général sur les études océanistes, appelé « LBSHS Pacifique ». La seconde est de publier un Livre Blanc sur les études francophones dans le Pacifique. La troisième action consiste à consolider ce nouveau réseau et à publier des ouvrages scientifiques rassemblant les textes des sessions. Revenons rapidement sur ces trois objectifs.
La première action devait permettre aux chercheurs, enseignants-chercheurs, documentalistes, doctorants et toute autre personne impliquée dans les recherches sur l’Océanie de présenter leurs axes de recherche, leurs travaux achevés et en cours, et les problématiques envisagées pour le futur. Le colloque a eu lieu en mars 2010 au siège du CNRS à Paris et réuni plus de 100 interventions organisées en 15 sessions parallèles. Outre le fait d’avoir mis en relation des chercheurs et enseignants-chercheurs travaillant sur des problématiques complémentaires mais ne communiquant pas ou peu en raison de leurs affiliations disciplinaires différentes, ce colloque « inaugural » a aussi été l’occasion de dresser un état général du paysage scientifique de ce réseau naissant. Il a permis, par exemple, d’identifier les disciplines dans lesquelles les recherches sur le Pacifique se situent majoritairement (Figure 1).

Fig1 2013

Figure 1 : Répartition en pourcentage des auto-déclarations de la part des membres du réseau au sujet de la discipline dans laquelle ils situent leurs travaux (plusieurs réponses étaient possibles)

 

À côté de ces disciplines générales, d’autres champs ou sous-champs disciplinaires furent cités : l’archéobotanique, l’ethnoastronomie, l’ethno-biologie, l’ethnoécologie, l’ethnopsychiatrie, les études du Commonwealth, les études sur le genre, la géographie culturelle, la psychiatrie, les Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS), la technologie, l’écologie, l’ethnomusicologie, les sciences de la communication ou encore les sciences religieuses.
Une évaluation rapide des statuts des chercheurs participant (Figure 2) a permis de constater que seuls 48% d’entre eux peuvent être considérés comme ayant un emploi « stable » (chercheurs et enseignants-chercheurs titulaires), que l’âge moyen des doctorants est de 34 ans, ceux des titulaires de rang B (Maîtres de Conférences, Chargés de Recherche) et de rang A (Professeurs, Directeurs d’Etudes, Directeurs de Recherche) de respectivement 47 ans et 58 ans. Ces chiffres, qui intéressent les tutelles et en particulier le CNRS, leur ont été fournis dès 2010.

 

Fig2 2013

Figure 2 : Distribution des statuts des membres du réseau en pourcentages

 

Le deuxième objectif consistait à établir un inventaire ou un annuaire aussi complet que possible des acteurs, de leurs travaux et des problématiques abordées pour la région du globe qui nous intéresse. IMASIE a pris en charge ce volet à partir de juin 2010.
À la même date, le CREDO proposa de créer une liste de discussion des recherches océanistes (https://listes.services.cnrs.fr/wws/subscribe/e-toilepacifique), ainsi qu’un site web du réseau informel naissant avec une première base de donnée accessible en ligne (http://e-toilepacifique.fr) dans laquelle les chercheurs peuvent, s’ils le souhaitent, mettre à jour leur profil. Avec plus de 200 chercheurs inventoriés, cette base de données nécessite encore des améliorations pour la rendre plus intuitive et dynamique, mais elle connaît déjà des consultations importantes et croissantes (1000 visiteurs par mois en moyenne en 2011 contre plus de 6000 en 2013), et nous ne pouvons qu’encourager les chercheurs à mettre à jour leur profil.

La troisième action, composée de deux volets (consolidation du réseau et publication des sessions) reste largement à être entreprise. Si nous espérions pouvoir produire rapidement des ouvrages présentant les diverses sessions, cette initiative s’est avérée difficile à mettre en pratique, à cause principalement du grand nombre d’interventions et de la diversité des problématiques. L’idée de publier dans un ouvrage commun des résumés brefs des interventions nous a semblé peu convaincant et fut abandonnée. À ce jour, un ouvrage, coordonné par Marie Salaün, Barbara Glowczewski et Laurent Dousset, qui rassemble certaines des interventions du colloque de 2010, est en train de voir le jour. Nécessairement limité dans sa capacité à représenter l’ensemble de la richesse et de la diversité des interventions du colloque de 2010, il serait souhaitable que ce volume soit suivi d’initiatives similaires. Le colloque de 2013, et tout particulièrement l’Assemblée Générale que nous suggérons de tenir à la fin de la seconde journée, seront l’occasion d’engager des réflexions et des discussions sur ces questions.
Cette Assemblée Générale devrait également être l’occasion d’une discussion collective sur l’avenir du réseau e-toile Pacifique. Voulons-nous pérenniser ce réseau et sous quelle forme ? Voulons-nous renouveler les colloques à des échéances régulières et sous quelle forme ? Avons-nous besoin d’un conseil scientifique ou d’un comité de direction pour prendre des décisions au sujet des thématiques, des lieux et du financement des événements ? Si nous décidons de pérenniser le réseau et d’amorcer sa formalisation avec la mise en place d’un conseil ou d’un comité, il nous faudra également discuter des modalités de nomination ou d’élection des personnes et accueillir les candidatures. Quelle que soit l’issue de ces discussions, il est important que les Océanistes, qu’ils soient titulaires ou non, qu’ils interviennent ou non au colloque 2013, participent massivement à cette Assemblée Générale.

 

Le colloque de 2013

Le présent colloque accueille à nouveau plus de 100 interventions en 13 sessions parallèles. Les thématiques ont toutes été proposées par les responsables de session eux-mêmes et, en tant qu’organisateurs, nous n’avons guère eu à intervenir, si ce n’est en demandant aux responsables de veiller à la pluridisciplinarité. Afin de faciliter cette intégration des disciplines autour de problématiques similaires, nous avons demandé aux personnes ayant proposé des sessions d’identifier un co-responsable qui, autant que possible, représentait une discipline différente. De la circulation des biens et des personnes jusqu’aux questions ayant trait aux problèmes patrimoniaux, aux aspects linguistiques ou encore aux questions environnementales, pour n’en citer que quelques-unes, l’ensemble des grandes questions qui touchent les sciences humaines et sociales dans le Pacifique sont représentées. Les intervenants proviennent des quatre coins de la métropole et nous notons une présence importante de nos collègues de Nouvelle-Calédonie. Le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont également représentés, ce dont nous nous réjouissons.

Organiser un colloque d’une telle envergure représente beaucoup de travail. Nous sommes persuadés qu’il en valait la peine, et souhaiterions ici encore remercier l’ensemble des intervenants pour leurs contributions et les organisateurs de sessions qui ont, avec beaucoup de collégialité et de professionnalisme, grandement facilité la mise en place de cet événement. Bien sûr, nos remerciements vont également aux diverses tutelles qui, en contribuant par une aide logistique et/ou un apport financier, ont reconnu l’importance de notre action collective et fédératrice.

Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter un excellent colloque, riche de rencontres insoupçonnées et de complémentarités scientifiques nouvelles.